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Avant de croire l’IA, posez-lui une deuxième question

Tout est parti d’une vidéo Instagram.

Neilly Ross, une skieuse nautique canadienne, glissait sur l’eau avec cette élégance tranquille des gens qui donnent l’impression que la gravité est une option.

Et forcément, ça m’a ramené en arrière… pas de quelques années, mais de quelques décennies.

Carquefou, Port-Jean.
L’Erdre, cette rivière que François Ier appelait la plus belle de France.
Le bateau.
La corde dans les mains.
Le bruit du moteur.
Cette sensation étrange de voler au ras de l’eau, avec la jeunesse accrochée aux bras.
On accostait sur les bords de l’Erdre, à hauteur de la Chantrerie. C’est là que je m’attardais à regarder Patrice Martin s’entraîner, fasciné par son aisance sur l’eau.

Alors j’ai posé une question à l’intelligence artificielle.

Une question simple, en apparence :

Quel est le sportif français le plus titré, tout palmarès confondu ?

Je précise : tout palmarès confondu.

Pas seulement les titres mondiaux.
Pas seulement la notoriété.
Pas seulement le nom qui ressort le plus souvent quand on ouvre le grand tiroir numérique du sport français.

Trois intelligences artificielles interrogées.
ChatGPT. Gemini. Claude et même Perplexity !

Trois réponses.

Antoine Albeau.

Réponse impressionnante, évidemment. Antoine Albeau est un immense champion. Un véliplanchiste français au palmarès colossal. Rien à redire là-dessus.

Sauf que dans un coin de ma tête, il y avait un autre nom.

Le Nantais, Patrice Martin.

Alors j’ai posé la petite question qui dérange :

Et Patrice Martin ?

Et là, comme par enchantement, les machines ont changé de trajectoire.

Oui, effectivement.
Patrice Martin.
12 titres de champion du monde.
34 titres de champion d’Europe.
26 records du monde.
6 médailles d’or aux Jeux mondiaux.
Titres de champion de France multiples, mais le nombre exact est rarement publié dans les sources accessibles.

Un palmarès phénoménal.
Un monument.
Le “petit prince” du ski nautique, avec une armoire à trophées qui doit avoir besoin d’un permis de construire.

Et c’est là que l’histoire devient intéressante.

L’intelligence artificielle n’a pas forcément répondu n’importe quoi. Elle a répondu trop vite. Elle a pris le chemin le plus fréquenté, le nom le plus visible, la réponse qui revient souvent. Elle a confondu la réponse populaire avec la réponse vérifiée.

C’est une petite erreur.
Mais une grande leçon.

Parce que ma question n’était pas :
Quel sportif français a le plus de titres mondiaux ?

Ma question était :
Quel est le sportif français le plus titré, tout palmarès confondu ?

Et ce “tout” change tout.

L’IA peut être brillante.
Utile.
Rapide.
Parfois bluffante.

Mais elle peut aussi prendre cette voix apodictique, cette manière de répondre comme si le débat était déjà terminé alors qu’elle vient à peine d’ouvrir le dossier.

Alors oui, utilisons-la.
Interrogeons-la.
Jouons avec elle.
Faisons-la travailler.

Mais ne lui donnons jamais les clés de la maison sans vérifier si elle sait ouvrir la bonne porte.

L’information se cherche.
Elle se croise.
Elle se vérifie.
Puis elle se revérifie.

Même quand elle arrive bien coiffée, avec une réponse en trois paragraphes et le ton tranquille de celui qui sait.

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